12h (GMT+8) Vendredi 15 février Beijing:
Dernier jour à Beijing donc (ben c’est un peu le nord en Chine quand même), dans quelques heures je serais en route vers Hangzhou et je ne remettrai peut être jamais plus les pieds dans cette superbe ville … il faut que j’en profite au maximum et c’est pourquoi je me dirige tout en pensant à Servane vers … un Starbuck … eh oh c’est bon vous allez pas m’emmerder en plus. Je sais ce que j’ai toujours dit sur les Starbucks mais là sérieusement je veux juste un café (même américain) et un brownie (même avec du chocolat pas bon) … et puis je voudrais vérifier que je ne suis pas le seul occidental de la ville (hormis les 2 frenchies d’hier et le groupe de colombiens (ouais enfin colombie occidentale quoi)) et le meilleur moyen de s’en assurer c’est d’aller dans un Starbuck … Il faut bien comprendre que le Starbuck à l’étranger est aux occidentaux ce que le point d’eau dans la savane est aux buffles (les lions en moins peut être) … bon en gros c’est cher, il y a du café à boire, des gâteaux sucré à manger et les gens se posent plus de 1à minutes à une table … donc c’est pas un endroit dont raffole les chinois. J’espère cependant que personne ne m’en voudra de ne pas avoir pris de photo si vous voulez avoir une idée allez voir celles de Guendouille, King of the dancefloor et moi-même dans le Starbuck de la Défense c’est exactement la même chose. Cela étant c’est vrai que tout seul tu as tendance à te dire que ton appareil photo et ton PC sont tes seuls vrais amis n’est ce pas Sandrine … le premier servira au témoignage de ton périple et à faire partager plus tard ce que tu ne peux vivre avec d’autres maintenant … le second te permet de perdre du temps sur facebook en commentant toutes les photos qui passent, d’appeler du monde avec skype et de lire les nouvelles d’un pays qui devient pas moins abruti depuis ton départ (ce qui signifie que tu n’es pas la cause de tout ça et c’est t’en mieux … puis il faut bien finir par se rendre compte que l’on est pas le centre du monde).
Après le petit interlude café (honteusement dégueulasse cela dit en passant … café américain, pizza américaine, fromage américain … à quand le goulash et la wurst américaine qu’on se régale n’est ce pas) je retrouve Xin et son ami. Dans la voiture pour aller en ville ils allument un cd compilation : Cranberries, Placebo, Eminem, Robbie William … et finissent par me dire qu’ils ont une musique française très connu et appréciée en Chine … Le temps de chercher le numéro de la piste et moi je m’attendant à Brassens, Brel … bon allez Johnny, ou Céline Dion peut être … que nenni mes ami, la chanson commence … Helene, je m’appelle Helene, je suis une fille comme les autresssssssss … bon normal comme tous les gens qui ont reconnu la chanson devant leur pc je suis mort de rire dans la voiture. Les types me demandent pourquoi et si je connais la chanson et du coup j’essaie de leur expliquer les séries premiers baisers et Helene et les garçons en live … c’est que du bonheur. Depuis pour rire je la chante des fois dans la rue et les gens sont super content parce qu’ils la connaissent … je crois cependant qu’il va quand même falloir que je perde l’habitude de dire que je suis une fille comme les autres en revenant en France.
Direction un centre commercial (oui je sais ma dernière journée pékinoise n’est pas très chinoise) … rien de très intéressant, je ne vois que des boutiques de souvenirs pour touristes jusqu’au moment où je découvre exactement ce que je cherchais (à part que je ne le savais pas encore) : … Un t-shirt rouge avec un portrait de Mao en sur imprimé vert para … le cadeau idéal pour mon petit frangin … quel vagabond qui se respecte n’a pas un t-shirt du petit père des peuples pour symboliser la valeur du travail et du partage à la fois … aucun me direz vous … et bien justement en bon frère je tiens à ce que Loïc soit le premier. Accessoirement je commence à en avoir relativement marre de la dictature des t-shirt Che Guevara. Du coup j’en prends 2 (il me manque un pyjama).
Bon c’est bientôt l’heure de partir, direction la gare … une queue hallucinante devant … mais pourquoi ? … parce qu’il contrôle les bagages … mais pourquoi ? … pour la sécurité … mais pourquoi ? … pour vérifier qu’il n’y ai pas de pétards dans les bagages … mais pourquoi ? … pour pas que le train prenne feu mais t’es con ou quoi, arrête de me demander pourquoi … c’est pas de ma faute j’applique très précisément la règle des 5 pourquoi (cf p 51 du cours de GI de Caux et le poly Qualité des plans d’expérience de Miss Durieux … chaud tendu le Houelby). Bon du coup on cours dans la gare et on arrive à l’entrée des quais … petite spécificité en Chine : il y a vraiment trop de monde (oui je sais 1,3 milliard c’est pas un scoop) mais du coup pour pas trop encombrer les quais qui sont déjà blindé il font payer l’accès aux quais aux non voyageur … pas con ces chinois.
Je trouve ma place, je m’installe, fait mes adieux à Xin et son pote qui ont vraiment été super cool avec moi et je démarre les 13 heures de train jusqu’à Hangzhou. Une cabine avec 4 lits … au début je suis tout seul avec un mec bien malsain, le visage tout cramé et qui me parle en chinois … je repense furtivement à l’image mentale de moi avec mes bagages dans la neige sur 1000 km à pieds en me demandant si ça n’aurait pas été une meilleure idée finalement. Je n’ai rien mangé et il est presque 21h alors je pars à la recherche du wagon restaurant … apparemment je suis la personne de tout le train qui parle le mieux anglais c’est dire … à l’aide de force geste je découvre que le wagon en question est à 25 compartiments du mien (accessoirement quand je vais revenir en France je serais le plus grand tendu du mimer c’est gagner que la Terre aura porté … exit le tabou Gaëlle). Après avoir enjambé plus de sacs que je n’ai pu en compter j’atteins mon but et me rend compte que tousssssssssssss les menus sont en chinois. Bon j’ai choisi plusieurs fois au pif ma nourriture … et je le ferais sans doute encore mais ce soir là la faim me tenaillait trop pour que je prenne le risque de me retrouver avec des « drumstick » de poulet (comprenez des pattes … et pas des baguettes de batterie) … je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut manger ça … non pas que je trouve ça degeu (si en fait un peu) mais surtout ils vous servent juste les pattes : 3 doigts, les griffes et de la corne de plante de pied de poule … je n’est toujours pas saisi ce qu’il y avait de commestible la dedans. Bon me voila donc reparti dans ma cabine pour rechercher le routard (pourquoi est ce que j’ai pas pris le lonely planet) et mon petit guide de conversation … je vous donnerai les references … pour que vous ne l’achetiez surtout jamais. Bouvier disait dans « l’usage du monde » qu’il n’y a pas plus inutile qu’un guide de conversation pour discuter à l’étranger … je me retoruve donc à faire 2 aller retour pour me retrouver chargé de livre dans un wagon plein et me rendre compte que ni le routard ni le guide de conversation ne contiennent des mots comme : riz, poulet ou baguette … par contre il y a des phrases du style « combien coûte un tour de manège ? » ou encore « je préfère les filles aux cheveux longs » … je suis bien avancé. Au bout de 10 minutes à lutter avec mes bouquins inutiles la serveuse part sous le comptoir et fouille jusqu’à en sortir une feuille chiffonnée … le menu en anglais. Je prend un bol de riz et une bière en repensant à Alexander le ricain rencontré dans un train de nuit qui venait de Nong Kai à la frontière Lao-thailandaise … je lis quelques lignes de Michel Onfray et me voilà mis à la porte du wagon qui ferme à 22h … aller plus que 12h et je serais dans ma nouvelle ville …